Avignon 2017 – LE CHIEN, LA NUIT ET LE COUTEAU


Du 6 au 26 juillet 2017 à 15h20 à la Manufacture, dans le cadre du Festival Off d’Avignon

LA PIÈCE

Sorte d’Alice au pays des merveilles horrifique, plongée dans un conte fantastique-gore à la fois tragique et comique, Le chien la nuit et le couteau raconte l’histoire du jeune M. qui se réveille dans une ruelle inconnue alors qu’il rentrait d’une soirée avec des amis.
Commence alors une étrange épopée nocturne dans un monde dont la logique lui est insaisissable. Une singulière galerie de portraits, hommes, chiens et loups se succède dans ce qui devient bientôt une traque, relevant autant du rêve éveillé que du cauchemar. Un voyage initiatique accéléré car en une nuit, M. fera l’expérience de l’amour, de la mort et de l’amitié, devenant tour à tour proie et prédateur. Tueur pour ne pas être tué.
 
Sur une route étroite, entre deux gradins de spectateurs, se joue une comédie grinçante qui trouble la frontière entre humains et bêtes. De fines prothèses épousent le visage des acteurs, artéfact d’un monde déshumanisé et futuriste. Ces figures étranges nous mettent face à nos propres monstres et par un effet de miroir déformant, le monstre sur la scène devient le monstre en nous.

QUELQUES MOTS DU METTEUR-EN-SCÈNE

Le Chien, la Nuit et le Couteau est construit comme un labyrinthe symbolique oscillant sans cesse entre la comptine enfantine, le conte traditionnel, la série noire ou la farce. À travers le prisme d’une société vacillante, elle convoque notre enfance et remonte aux origines de nos peurs pour nous mettre face à notre propre barbarie. Jusqu’où sommes nous prêts à aller pour justifier notre survie? Notre survie en tant qu’individu, mais aussi celle de notre société, de nos valeurs.

Ici, la question de qui est le monstre et de ce qui fait le monstrueux est posée d’une façon inédite. « Faut-il abandonner ou tenir bon? » semble suggérer M. en permanence.

En écho à Camus et à l’Homme Absurde du Mythe de Sisyphe, la pièce nous raconte le parcours d’un homme qui découvre l’absurdité, la vanité et la violence du monde mais qui pourtant développe un désir de vivre effréné qui le mène jusqu’à la découverte du libre-arbitre et à la révolte.
Candide noir et apocalyptique, M. apprend à vivre avec la peur, en l’assumant comme étant une condition inhérente de l’existence. Sa pulsion de survie devient l’affirmation d’une volonté. Celle d’une course poursuite vers l’émancipation et la liberté.

LE MASQUE

Après L’Ascension de Jipé (premier spectacle de la compagnie) et La Fleur à la bouche montée par Louis Arene à la Comédie-Française la recherche autour du masque se poursuit.

Il s’agit ici de fines prothèses épurées qui se confondent presque avec le visage des comédiens. Elles créent une distance poétique et nous permettent d’inventer des « figures » étranges qui nous relient à notre humanité profonde. Ces figures touchent aux représentations intimes que nous nous faisons des mythes ancestraux et ont à voir avec l’origine du théâtre où le masque était un vecteur essentiel de l’émotion. En affirmant l’artifice, il touche à la vérité.

Ici, au delà d’être un simple parti-pris esthétique, le masque met en jeu de façon directe l’énigme du visage dont il est tant question dans la pièce et devient un véritable outil dramaturgique. Il est l’artéfact d’un monde déshumanisé et futuriste. Le mimétisme des visages reflètent la pensée unique et l’oppression dont M est le sujet.

La réalité est déformée, les émotions se devinent en creux dans un clair obscur intriguant qui met en relief chaque situation.

À LIRE: Article de Gilles Costaz pour WebThéâtre.

Ce diaporama nécessite JavaScript.


Une pièce de Marius von Mayenburg
Traduction Hélène Mauler et René Zahnd
Conception Lionel Lingelser et Louis Arene
Mise-en-scène Louis Arene
Dramaturgie Kevin Keiss

Avec Lionel Lingelser, François Praud, Sophie Botte ou Victoire du Bois
Création sonore Jean Thévenin
Création lumières François Menou
Création costumes Karelle Durand
Régie générale Julien Cocquet
Régie plateau Valentin Paul
Scénographie Louis Arene et Amélie Kiritzé-Topor
Masques Louis Arene

dossier-artistique-chien-nouveau

Publicités